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mercredi 25 octobre 2017

Colloque en ligne, André Barbault et Richard Pellardl sur la doctrine des Maitrises planétaires


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Andre BARBAULT
La justification des maîtrises

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Ne pouvant être mon propre censeur, je me dois d'écouter la critique qui, justifiée, remet sur le droit chemin, ou surmontée, apporte une épreuve de vérité renforcée. Chacun saura faire la part de l’un et de l'autre.



La théorie traditionnelle des maîtrises planétaires justifie un débat approfondi, l'attribution de la maîtrise d'une planète à un signe faisant l'objet d'un système mis entre parenthèses par certains (Choisnard, notamment, qui le trouvait un peu vague, pour ne pas dire invérifiable), bénéficiant d'un consensus général qui n'est peut-être qu'un passif consentement, remanié par quelques réformateurs et carrément rejeté par les " durs " de l'école conditionaliste à laquelle appartient Richard Pellard. Reprenons donc la chose en main.

Les fluctuations de position persistent à son sujet. Pour n'en rester qu'à notre proche environnement, le réputé physicien Robert Gouiran ne craint point d'évoquer les signes " espaces d'énergie dans lesquels trônent douze gouverneurs que nous appellerons "planètes symboliques". C'est en une seconde étape que nous attribuerons aux planètes réelles des domiciles et maîtrises en ces signes, comme matérialisation de gouverneurs " (Astralis n° 3). Une tentative d'appareillement de douze astres aux douze signes, avec introduction de planètes X et Y, parallèles aux Proserpine et Vulcain de Jean Cartaret, avait été tentée par Léon Lasson, aventure que poursuit Lisa Morpurgo. Dans les numéros 13-14 et 15 d’Astralis, sous le pseudonyme d'Hervé Grindau-Ghanir, Patrice Guinard s'est livré à une exploration approfondie de ce domaine. Ses " fondements logiques des maîtrises " sont une savante composition d'inspiration conditionaliste, d'une impeccable logique. Hélas, ce bel édifice accouche d'un monstre - genre maîtrise d'Uranus en Taureau ! - inacceptable pour le praticien qui vit quotidiennement son art. L'empiriste a son mot à dire : sur le terrain, l'homme de l'art sait quand une théorie est fausse et l'on ne saurait lui faire avaler n'importe quoi. Le grand mérite de cet auteur n'en est pas moins de rappeler au conditionaliste qu'on ne saurait se contenter, comme il le fait, d'œuvrer avec des " pièces détachées " : planètes, signes, maisons, aspects sont autant de sous-ensembles appelant un point de jonction coiffant l'édifice, fondant l'unité du système. Cette base où cette voûte existe.

LA CELLULE DU COSMOS ASTROLOGIQUE

La tradition propose une telle synthèse. Encore ne faut-il pas, sur quelque refus intérieur à élucider, en dénaturer le sens. C'est, en réalité, un prodigieux édifice que le noyau central ou œuf du système astrologique qui fonde en un tout planètes, signes et aspects !



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L'élément fondamental du cosmos astrologique est le mouvement des corps célestes dans l'espace de leurs révolutions, nouant le mobile et l'étendue, à l'astre répondant le parcours astral, justifiant une planétarisation du tissu zodiacal.

Parlant de " sympathie " entre le mouvant et son itinéraire, Ptolémée formule leur ancrage : " D'abord, des douze signes, deux d'entre eux approchent plus près de notre zénith, causant principalement les chaleurs et les ardeurs exceptionnelles, à savoir l'Écrevisse et le Lion : il a été jugé que ces deux signes sont les demeures des deux plus grandes et puissantes lumières. " Reproche essentiel de R.P. ; ce centre commun de maîtrise des luminaires est décalé par rapport au point du solstice d'été. Un étonnement de théoricien-logicien qui, sur le champ, n'a pas les pieds sur terre. Car, de même que le maximum diurne de la chaleur n'est pas à midi mais vers 14 heures, son maximum annuel est effectivement en juillet-août : tout comme, d'ailleurs, les pointes de marée océanique sont décalées environ 2 heures après la culmination de la Lune et 2 jours après l'alignement soli-lunaire. Au reste, les bilans statistiques ne soulignent-ils pas les angularités planétaires davantage après qu'avant les passages aux angles ?


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Ce point d'ancrage justifié, tout un engrenage se met en place avec un face à face des luminaires et de Saturne. En version géocentrique, nous partons de la Lune pour aboutir à Saturne, et en version héliocentrique, le Soleil est le centre du système et Saturne son terminus visible. Les deux signes contigus des luminaires ont donc naturellement comme vis-à-vis les deux signes contigus de Saturne, dans une bipolarité d'été et d'hiver, de chaud et de froid. C'est ainsi qu'entre en scène la notion d'aspect, les signes diamétralement opposés mettant enjeu le phénomène de l'opposition. Ensuite se placent les maîtrises planétaires intermédiaires, emboîtées d'orbite en orbite : Mercure-Vénus-Mars-Jupiter, assimilant du même coup, entre la conjonction des luminaires et l'opposition de Saturne, Mercure étant indifférencié, un rapport ou une vertu de sextil à Vénus (Cancer-Taureau et Lion-Balance), de carré à Mars (Cancer-Bélier et Lion-Scorpion) et de trigone à Jupiter (Cancer-Poissons et Lion-Sagittaire).


C'est cette spatialisation du système solaire dans le cercle zodiacal qui fournit la matrice des rapports entre les trois facteurs essentiels du cosmos astrologique que sont les planètes, les signes et les aspects. Un chef d'œuvre de synthèse.

ERRANCE DE PART ET D'AUTRE

II est non moins évident que ce noyau central a fait l'objet d'une surcharge qui prête le flan à la critique, sans pour autant justifier qu'une fois de plus, comme avec les quatre éléments, l'on jette " le bébé avec l'eau du bain ".

Ayant à établir un difficile rapport de sept à douze, contraignant à différencier deux domiciliations planétaires, nos devanciers ont eu recours aux valeurs de signes diurnes - hémisphère Soleil-Lion/Saturne-Capricorne - et nocturnes - Lune-Cancer/Saturne-Verseau - (excepté pour Mars) ainsi que de signes masculins et féminins. Démarche peu reluisante. D'un côté, se rassemblent les signes diurnes - Mars-Bélier se joignant à Mercure-Vierge, Vénus-Balance, Jupiter-Sagittaire, Saturne-Capricorne - qui font régner le même élément dans la convergence de la planète rectrice et de la triplicité (encore que Jupiter soit humide...). Alors que leur divergence est le propre des signes nocturnes.

La maîtrise - délégation de planète à signe - passe nécessairement par un transfert de la nature élémentale de la première au second : ce n'est qu'à cette condition que peut fonctionner cette maîtrise. En second lieu intervient l'élément triplicitaire. Si bien qu'il convient de doubler la notation du signe : Bélier Feu-feu, Taureau Air-terre, Gémeaux Terre-air... Reprenons R.P. discréditant l'assimilation de la Lune au Cancer et du Soleil au Lion, pour la raison que le premier signe est féminin et le second masculin. Les enquêtes du prof. Eysenck en 1978 sur 2 324 cas et du Prof. J. Van Rooij en 1988 sur 992 cas cautionnent le penchant des signes impairs vers le centrifuge, l'extraversion, le masculin, et des signes pairs vers le centripète, l'introversion, le féminin. Preuve que c'était la moindre des choses qu'un signe féminin aille à la Lune et un masculin au Soleil ! Quant à la nocturne Lune froide et humide devant être non au solstice d'été mais au solstice d'hiver, il n'y a qu'un logicien analytique pour l'isoler là où il faut saisir un tout conjonctionnel soli-lunaire : le foyer central des luminaires expressif de l'élan vital, telle une souche sur laquelle se dresse l'arbre planétaire.

Arrive l'éclatement du système avec le passage de sept à dix du fait des venues d'Uranus, Neptune et Pluton, s'il n'y a pas même une transplutonienne, ce que personne ne sait définitivement. La logique astronomique impliquait de graduer le prolongement des orbites de signe à signe ; en direction de l'hémisphère solaire ; Uranus au Verseau, Neptune aux Poissons et Pluton au Bélier ; de l'hémisphère lunaire : Uranus au Capricorne, Neptune au Sagittaire, Pluton au Scorpion. Ce qui, entre parenthèses, établit le véritable registre des octaves supérieures : Saturne/Uranus, Jupiter/Neptune, Mars/Pluton. Sommes-nous vraiment dans un chaos ? J'entends le concert de tous ceux qui pensent le contraire, Uranus allant si bien avec le Verseau, Neptune si idéalement avec les Poissons et Pluton si spécifiquement avec le Scorpion, comme si ces planètes nouvelles avaient toujours manqué à ces trois signes. Il ne faut pas pour autant négliger l'affinité d'Uranus avec le dur et essentiel Capricorne, de Neptune avec le large et ample Sagittaire, de Pluton avec le " primitif ", le " sauvage " Bélier, car il s'agit de mondes dualisés, l'un des pôles prolongeant et complétant l'autre.



L’arbre alchimique
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L'UNITÉ DU SYSTÈME


Puisque s'accouplent l'astre et le signe, évidente du même coup devient la contre-affinité lorsque l'astre se trouve en opposition de son lieu zodiacal, le " trône " appelant " l’exil ". Viennent ensuite " l'exaltation " et la " chute ". " Vu que le Soleil en entrant au Bélier opère sa transition vers le médi-cercle le plus haut et septentrional, et que, dans la Balance, il passe le plus bas et austral, on lui a fort à propos attribué son exaltation au Bélier puisque, quand il y passe, les jours croissent et qu'il commence à échauffer davantage les corps. Au contraire, la dépression du Soleil a lieu dans la Balance pour les raisons opposées " (Ptolémée). C'est si évident que cela se passe de commentaire. Réciproquement pour Saturne qui, dans un chemin inverse par opposition au Soleil, a son exil en Lion, son exaltation en Balance et sa chute en Bélier. Ainsi s'observent quatre rapports privilégiés de la relation planète-signe.

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La cohérence de ce système s'illustre par la présente figure extraite de mon Traité pratique : la répartition générale des maîtrises du trio fondateur Soleil-Lune-Mercure établit la parfaite analogie de ces quatre valeurs instituées avec les quatre saisons de l'année, l'exaltation étant une valeur de printemps, le trône une valeur d'été, l'automne une valeur de chute et l'hiver une valeur d'exil. Ici, le planétarisme n'est-il pas pleinement assimilé au zodiaque et leur fusion parfaitement dialectisée ?

SCHIZOPHRÉNIE ZODIACALE

" II m'a déjà été donné, au terme d'une longue réflexion, de tenir la thèse, il me semble entièrement nouvelle, selon laquelle ce que l'on appelle le "déterminisme astral" repose entièrement sur l'uranographie de notre globe, l'astrologie étant entièrement fondée sur les mouvements de la Terre, et, par suite, sur les phénomènes célestes d'expression terrestre, l'astre du Ciel étant mis en cause par rapport à nous Terriens. " (L'Astrologie mondiale, Fayard, 1979, p. 316).

Je me réjouis donc que R.P. convienne que le zodiaque est " d'essence terrestre ". Mais étrange devient la suite lorsqu'il ajoute aussitôt " et non solaire ", en insistant : " Le zodiaque n'est donc nullement d'essence solaire. " Fichtre ! Est-ce toute seule que l'inclinaison de la Terre sur son orbite fait le zodiaque ? Notre globe ne doit-il qu'à lui-même les variations des durées diurnes et nocturnes ? Si c'est par la vertu des déclinaisons, d'où viennent celles-ci si ce n'est d'un rapport angulaire à l’écliptique ? Sans le Soleil, il n'y a rien : ni zodiaque, ni lumière, ni chaleur... C'est à une véritable décomposition schizophrénique du zodiaque que mène cette analyse. Je faisais déjà le reproche à l'école conditionaliste de tenir le Soleil au rang d'une simple planète : voici maintenant qu'il s'évanouit tout à fait : singulier " point de vue astronomique "...

A bien lire R.P. on a vraiment l'impression qu'il ne s'y prendrait pas mieux s'il voulait nous pousser dans la tombe... Mais n'est-ce pas lui-même en même temps que nous qu'il y précipite lorsqu'il déclare que, du même coup, le zodiaque " n'est pas non plus saisonnier, les saisons terrestres étant déterminées par la croissance et la décroissance annuelles des durées d'ensoleillement. La conception saisonnière, et donc solaire du zodiaque, produit d'ailleurs des résultats absurdes... ".

Trêve de plaisanterie : qu'on interprète à partir de l'axe équinoxial des variations de durée diurnes-nocturnes ou des fluctuations du chaud et du froid -comme si, là aussi, l'on pouvait dichotomiser lumière et chaleur - c'est à la même enseigne d'un même rapport Terre-Soleil que nous sommes logés. Et puisque R.P. invoque Kepler, que soit rappelée la connexion essentielle faite par le Mathématicien Impérial " entre l'âme, la lumière, le feu, la chaleur et la vie " (G. Simon, p. 203, Kepler astronome astrologue). Et à propos de résultats absurdes, si R.P. reconnaît qu'au Capricorne " on reste froid, de marbre, de glace ", libre à lui de ne pas reconnaître une Lune du Capricorne neigeuse, à quelques mois de l’année où elle y passe...

Alors qu'il faut justement solariser le zodiaque en privilégiant l'écliptique, voie centrale et artère vitale qui nous relie au système solaire tout entier, - il est notre cordon ombilical céleste - R.P., se voit entraîné dans une dangereuse marginalisation qui le conduit à la version d'un zodiaque latitudinal, en arrivant même à déménager les signes ! On verra s'il faut le suivre avec son calendrier de Pluton en Scorpion...

L'ULTIME FAUTE :
L'ANALOGIE CONTRE LA LOGIQUE

Nous avons à nous défendre aussi bien de l'errance de l'irrationnel que de l'égarement de l'analyse logique quand le raisonnement tourne à vide. Savoureux est R.P. quand il estime que la pensée analogique est incapable de percevoir que " les étoiles ne sont pas de poétiques lucioles mais des masses de gaz en fusion thermonucléaire ". Car, bien sûr, " la pensée analogique est le savoir de l'enfance en même temps que l'enfance du savoir. " Cependant, astrologue, il se doit de faire fonctionner la pensée analogique en prenant la pleine mesure de l'épistémè de la similitude au sein des sciences humaines d'aujourd'hui. Or, comme il n'y entre pas ou en évacue l'essentiel, il se condamne à nous livrer un message un tantinet castrateur ; et que reste-t-il du contenu sémantique de son discours astrologique ?

Retour à la confusion du sujet et de l'objet. Tant qu'il ne voit pas ou refuse de voir fonctionner l'analogie en l'être humain, de la base de ses pulsions au sommet de sa spiritualité, c'est ce qu'il y a à la fois de plus vivant et de plus profond en l'astrologie qui lui échappe. Lui qui, dans son Traité claironne l'inconscient, l'inconscient, l'inconscient... dit-il des mots en l'air, cet inconscient étant considéré comme " la loi des structures symboliques " (Lévy-Strauss), tout ce qui émane de lui obéissant au processus symbolisant ? J'invite le lecteur à revenir, sur ce point au chapitre : " La symbolique psychique " de mon livre De la Psychanalyse à l'Astrologie.

Quand Freud interprète un rêve, ânonne-t-il le balbutiement d'un homme des cavernes ou dévoile-t-il un secret profond de l'être ? C'est justement parce qu'il repasse par " l'enfance du savoir " qu'il perce ce secret car celui-ci est fait du " savoir de l'enfance ". Autrement, ce serait avec de bien longues pincettes que nous devrions recevoir, par exemple, l'information symbolique de Mars avec son feu, sa passion et sa violence, vu le primitif analogique de ce produit : la couleur rougeoyante de l'astre. Et pourtant... et toute l'astrologie repose sur cette pensée analogique. Et c'est ce qui fait à la fois son originalité et sa grandeur ! Afin qu'elle puisse avoir bonne tenue devant la science et sans craindre de la dessaisir de ses habits de noblesse, l'offensive actuelle visant à " désymboliser " l'astrologie est une démarche contre-nature qui ne peut que conduire à une dégénérescence de ses structures opératives. Aussitôt d'ailleurs que l'on croît avoir éradiqué le symbole, il revient au galop. Prenez Mars, fort à la fois chez les sportifs, les militaires et les médecins ; vous êtes tenus de leur trouver un facteur commun : allez donc le chercher si vous entendez échapper au raisonnement analogique... C'est le lieu de se rappeler que l'astrologie est surtout une connaissance du psychisme humain, une révélation de la nuit de l'être, et c'est la nature de l'objet à connaître qui détermine la manière spécifique de connaître.

LA PRATIQUE

Foin de la croyance en la certitude de sa pensée ! Ce que je raisonne, mon passage sur le divan de ma psychanalyste me le fait suspecter d'être seulement ce que je crois, parce que je désire. Mais je fais autant bon marché de la critique gratuite qu'aucune vérification ne sanctionne. Trop facile... Peu importe ce qu'on pense de cet empirisme : rien ne vaut pour moi un bon contrôle, en laissant chacun libre de me suivre.


LE MIRONTON LATITUDINAL DE PLUTON

Avec son Pluton qui (en valeurs) serait encore en Balance et n'entrerait en Scorpion qu'en l'an 2000, R.P. se moquerait-il carrément du monde ou se fourrait-il le doigt dans l'œil jusqu'au coude ? Excusez ce rappel d'observations d'astrologie mondiale.

Après la déstabilisation de la relation amoureuse issue du Mouvement de libération de la femme, s'accordant si bien à la traversée d'Uranus en Balance (1969-1975), rien ne correspond mieux à la crise moderne du mariage que la traversée de Pluton en Balance (1972-1984). C'est en 1972 même que s'accentue la diminution continue du nombre des mariages dans toute l'Europe occidentale. En France, par exemple, l'on est passé de 400 000 mariages en 1972 à 285 000 en 1984. L'effondrement est de 36 % de 1975 à 1984 ! Et, parallèlement à cette chute vertigineuse sans précédant des unions légales, les divorces ont été dans le même temps multipliés par 3 ! En 1985, où la tendance commence à se tasser, on enregistre en France 1 million de couples vivant en " cohabitation hors mariage " et 5 millions de " ménages d'une personne ". Et tout l'Occident est concerné.

Puis la traversée de Pluton en Scorpion nous gratifie d'un parallèle historique impressionnant qui -spécificité commune à l'astre et au signe- accouple tragiquement le sexe et la mort. Lorsqu'il y était passé il y a cinq siècles (1491-1501), c'est la syphilis qui faisait son apparition (1494) et ravageait toute l'Europe (1502). Bien qu'il n'y eut pas de répétition du genre au passage précédent de 1737-1748 -mais l'indice cyclique était alors élevé - c'est le Sida qui frappe le monde sur toute la retraversée de 1984 à 1995. Certes, l'apparition de cette "peste sexuelle " du XXe siècle remonte à 1979 et, sans doute, Pluton-Scorpion n'est-il pas seul en cause : le cap annoncé si critique des années quatre-vingt n'était-il pas celui d'une exceptionnelle concentration planétaire que, dès L'Astrologue n° 28, j'avais mise en parallèle avec celle de 1347 qui avait vu l'invasion de la fameuse " peste noire " qui décima l'Europe ? Ce qui était aussi le cas avec l'invasion syphilitique de la fin du XVe siècle. Peu importe le facteur accompagnateur, typique n'en est pas moins la nature de l'épreuve vécue, d'autant qu'elle s'insère dans la série des successifs passages de Neptune et Uranus dans le signe.

La première traversée, celle de Neptune (1956-1971), est parallèle au développement constant des maladies vénériennes (syphilis, blennorragie, herpès) survenu depuis 1958 dans 76 pays contrôlés par l'Organisation mondiale de la santé. Pour la France métropolitaine, par exemple, l'augmentation des cas recensés s'est multipliée par 3, de 1959 à 1964 et les chiffres se sont stabilisés depuis 1968 à un taux quatre fois supérieur à celui de 1954. En 1971, 2 millions de personnes avaient été victimes de cette " épidémie " aux États-Unis, soit plus que toutes les autres maladies infectieuses réunies. Quant à la seconde, celle d'Uranus (1975-1981), elle tombe sur les années charnières d'un record de mortalité mondiale par cancer du col de l'utérus (multiplication par trois de cas entre 1965 et 1985). Avec Pluton, le Sida prend le relais, dans un climat général noir où il est tant parlé de la prostitution de pré-adolescents, et où le suicide, de jeunes surtout, bat un record (12 000 par an en France). Alors qu'il quitte le Scorpion, la guérison de la maladie pointe à l'horizon, tandis que commence à baisser le flot de ses victimes en Occident.

La vérité se faisant jour par accumulation de résultats semblables successifs, devant cette somme d'observations, quel astrologue peut oser nier cette évidente corrélation ? Sinon de se ridiculiser comme un Clavius accusant les verres de la lunette de Galilée de voir des lunes autour de Jupiter ou son confrère astronome renonçant carrément de mettre l'œil à l'oculaire... En tout cas, si R.P. avait cru découvrir dans son zodiaque latitudinal son Eldorado, son Mandala ou son Temps des cerises, l'opération est plutôt loupée...

Dans l'état actuel de nos connaissances, nous n'avons pas les moyens de juger la place qui revient à la latitude zodiacale. Lors d'une étude parue aux Cahiers astrologiques n° 92, M. Gauquelin avait, après vérification, constaté que celle-ci ne jouait aucun rôle dans ses résultats d'angularité. J'ai abordé différemment le sujet dans L'Astrologue n° 20 (" Les occultations en astrologie mondiale ") et L'Astrologue n° 23 (" Les nœuds en astrologie individuelle et mondiale "). Il semble finalement que la latitude ne soit que platitude : tout passe par l'écliptique. Retour au Soleil !

LA LÉGITIMITÉ DU DOUTE

Si R.P. a un manifeste parti pris négatif, je n'ai pas, pour ma part, de parti pris positif. En témoigne mon article du n° 19 de L'Astrologue consacré au " Rôle des signes dans la conjoncture mondiale ".

Intervenant en réaction à Volguine qui quantifiait les dignités planétaires en mondiale, j'apportais un témoignage de négation sur la base des corrélations des conjonctions Soleil-Jupiter et des faits pacifiques (une centaine de cas) : 3 armistices survenus avec la Roumanie, la Finlande et la Bulgarie entre le 9 et le 19 septembre 1944 (demandes ayant eu lieu entre le 30 août et le 6 septembre : à l'époque, déjà j'attendais ferme une venue de paix) sous la conjonction virginienne (exil) du 31 août ; également 3 paix du Cachemire, de la Chine et d'Israël, sous la conjonction capricornienne (chute) du 1er janvier 1949... C'est d'ailleurs sous une conjonction semblable du 10 janvier 1973 que j'avais formulé (L'Astrologue n° 18) huit mois à l'avance une chance de paix au Vietnam, survenue 13 jours plus tard avec le cessez-le-feu américano-vietnamien.

Des manifestations pacifiques de Jupiter, comme de Vénus, insensibles aux dignités et débilités de ces astres, je suis passé à la distribution zodiacale de Mars chez 568 sportifs français de la collection Gauquelin, testés par Jacques Reverchon dans L'Almanach Chacornac 1966, compte tenu de la répartition très inégale de l'astre (révolution bisanuelle, cycle de 32 ans). Résultat : 34 positions en Bélier au lieu de 45 prévues, 44 au lieu de 46 en Scorpion, contre 52 en Taureau au lieu de 44 et 65 en Cancer au lieu de 49... Derrière lui, en 1972 à Astroflash, nous avons, Henri Le Corre et moi, testé 2 000 thèmes de sportifs de la même collection. Toujours Mars : entre les extrêmes de 223 positions en Lion et de 132 en Poissons, le Bélier n'en a que 139 contre 164 en Balance et le Scorpion 148 contre 168 en Taureau...

Je finissais cet article en mettant dos à dos les Jupiter-Sagittaire (Armand Fallières, Edouard VII et George V d'Angleterre, Salandra, Warren G. Harding, James Monroe) et les Jupiter-Scorpion (Louis XIV, Guillaume d'Orange, Napoléon, Joffre, Adenauer, Spaak, Pompidou)..., aboutissant à la conclusion qu'avec les domiciliations des planètes en signes, nous avions affaire à un " registre de valeurs purement qualitatives " !

Est-ce à dire, pour autant, que la maîtrise soit une sorte de pauvre vieille, bonne pour la retraite ?

Cela se passait en 1972... Un quart de siècle plus tard, la subtilité de la chose m'échappe moins, car les choses ne peuvent pas en rester là, le quantitatif et le qualitatif - tel l'entrecroisement d'une verticale et d'une horizontale - retentissant inévitablement l'un sur l'autre.


UNE SUBTILITÉ INDISPENSABLE

Finalement, le doute aboutit à un déficit de savoir forcément préjudiciable. Qu'importe la voie oblique qu'emprunte la maîtrise pour se manifester, du moment qu'elle se rend nécessaire.

C'est ainsi que l’on peut revenir à ma " Pratique de la Maîtrise " exposée au n° 3 de L'Astrologue, comme aux études d'André Boudineau des n° 22 et 28. Également à mon étude sur " Ce qu'il faut penser des réceptions mutuelles " (n° 106). La planète dans le signe n'est nullement un en-soi isolé, mais la trame d'une continuité intérieure procédant d'une lignée où les astres s'enchaînent : passage de la dépendance d'un maître à l'astre lui-même, puis à sa propre maîtrise sur un autre. Le diagramme de cette " chaîne des maîtrises " livre le fil intérieur d'un collier passant de planète à planète à travers le jeu des maîtrises, puis des maîtrises de maîtrises, remontant ainsi de la base au sommet de la chaîne. Il constitue la topologie d'une structure fonctionnelle ouvrant la piste d'une certaine circulation des courants planétaires et de leurs interférences. Et au niveau le plus élémentaire, chaque position planétaire se doit d'être jugée dans son amont et son aval, en fonction de son précédant et de son suivant.

Tant ils sont proches l’un de l'autre, comment pouvez-vous faire fi du jumelage de Mars et du Bélier, de Vénus et du Taureau, de Mercure et des Gémeaux, de la Lune et du Cancer... ? Ne sont-ce pas là des points de convergence, des faisceaux, noyaux magnétiques focalisateurs ?

L'on en perçoit l'évidente efficacité avec la dominante qui requiert le concours du trio présence-maîtrise-aspects. Sans la participation de la seconde, téméraire devient l'aventure qui, trop souvent, aboutit à des résultats " désastreux ".

R.P. en est la première victime. Déjà, dans son Manuel, il nous avait livré un Van Gogh dont " la fonction lunaire n'est pas dominante " (en 5e position). Tiens donc : faut-il compter pour rien que, toute sa vie, ce sur-marsien - non actif mais contemplatif passionné - demeure un assisté économique, son frère Théo étant son pourvoyeur alimentaire (Lune maîtresse d'AS en VI) ?

L'EXEMPLARITÉ SATURNIENNE DE JOHANNES KEPLER

R.P. remet cela de plus belle ici avec Kepler qui " refuse (...) de se définir comme saturnien au prétexte, fallacieux selon lui, que Saturne serait le maître du Capricorne ", occupé que ce signe est par Soleil, Mercure, Vénus, outre Uranus. Ajoutant : "Et d'ailleurs, Saturne n'est pas angulaire dans son thème. C'est dire ! ".

C'est dire quoi ? Que Kepler n'est pas saturnien ? R.P. aurait-il à ce point la berlue ? Que Kepler se trompe sur son compte est une autre affaire. Ce que je constate, c'est que tous les mots-clé que, comme ses biographes, Gérard Simon lui attribue dans son " Kepler astronome astrologue " sont exactement ceux qui répondent à l'angularité de Saturne testée par les Gauquelin : concentré, méditatif, profond, patient, persévérant, studieux, laborieux, lent (maturation), prudent, réservé... bref, le tempérament nerveux : CQFD ! R.P. le résume en deux mots : " un savant rigoureux " : si ce n'est pas du Saturne, qu'est-ce donc ?

Voilà un chercheur livré " au bagne des calculs mathématiques ", obstinément penché sur ses chiffres et ses figures, vivant en pleine abstraction, œuvrant sur le fondamental dans une solitude intellectuelle totale, révélant le fonctionnement structural du système solaire : avec lui, Chronos, le dieu du temps, a trouvé son souverain maître horloger ! Si vous trouvez vous, que Kepler n'est pas saturnien, que vous faut-il ? Allez donc me trouver un saturnien plus saturnien que lui...

"J'ai mesuré les cieux... " (son épitaphe). Non seulement nous avons affaire au savant qui montre que le monde est gouverné par des relations mathématiques, mais encore, c'est la mathématique saturnienne qui règle souverainement sa vie. Né le 27 décembre 1571 et mort le 15 novembre 1630, son existence s'écoule sur deux années saturniennes précises et c'est à l'entrée de la seconde que tombe le grand tournant de son destin, lorsqu'en 1600 il devient le collaborateur de Tycho Brahé qui meurt peu après. Typique de sa quadruple conjonction capricornienne en VII et VIII, en novembre 1601 il hérite de son collaborateur : le trésor de notation des déplacements planétaires continus, accumulés par Tycho pendant, précisément, trente années (!), son patron ayant été de la génération antérieure, son Saturne-Sagittaire étant voisin du sien en Scorpion. Lequel est en VI : dans la boulimie d'un travail forcené et dans une lente et continuelle maturation, cet esprit systématique fixé à ses objectifs, scrute les causes cachées des chiffres patiemment consignés (de même -œuvre de longue haleine- qu'il crée les tables rudolphines de 1601 à 1624) pour en arriver aux trois grandes lois qui régissent les mouvements généraux des planètes de notre système solaire. Ajoutons encore que lorsqu'il conçoit sa troisième loi, le 8-3-1618, Saturne sort de son opposition à lui-même... Si vous en voulez davantage, relisez l'étude que je lui ai consacrée dans le cadre des savants introvertis" (L'Astrologue n° 83).

Pouvez-vous encore croire que l'on peut évaluer la dominante en se dispensant de l'apport de la maîtrise ? Si vous doutez toujours, poussez plus loin votre investigation. Ce n'est pas par hasard que le plus capricornien de ma collection - William James (11-1-1842) : Soleil, Lune, Mercure, Vénus, Jupiter, Saturne dans le signe - soit aussi un savant - philosophe : que le même amas capricornien de Kepler se retrouve chez un autre philosophe, L.C. de Saint-Martin, théosophe en quête, comme lui, de l'union de l'homme, de l'univers et de Dieu. J'invite le lecteur à pousser sa réflexion sur l'observation de la centaine des capricorniens les plus célèbres, présentés dans mon Capricorne (dernière édition).

De même que l'angularité ne suffit pas à fixer la dominante, la maîtrise n'est qu'une composante qui y contribue avec le concours de la présence et de l'aspect. Une utilité particulière de cette maîtrise est qu'elle emporte généralement la décision de la dominante lorsque plusieurs planètes sont concurremment angulaires. Ainsi, par exemple, de Van Gogh avec Mars/Soleil-Bélier ; de Rodenbach, Corot, Boudin, avec Lune/Soleil-Cancer...

Puisque nous nous ouvrons à la critique du conditionaliste, que celui-ci me permette de lui dire que son évaluation de la dominante est défaillante et source de trop d'erreurs : c'est le point le plus faible de sa pratique. Qu'il sache que c'est lui rendre service que de lui dire cette vérité. Et s'il la prend mal, pitié pour lui !

L'AMANDE DANS LA COQUILLE

Soit ! Il manque quelque chose d'essentiel à la facture du processus astrologique sans la maîtrise et il faut passer par elle pour vraiment obtenir la dominante. Mais, cela nous restitue-t-il les valeurs des dignités et débilités en tant que telles ?

Il semblerait bien que ce soit le cas, à condition toutefois de ne pas céder au simplisme. Au sein du cercle zodiacal ne peut régner que la dialectique, tout signe étant un Janus. Quand, dans notre hémisphère, le Soleil trône en Lion, il est au maximum de sa puissance physique, de même qu'à son " exil " en Verseau sa force vitale est au plus bas. Ce qui s'observe avec la répartition annuelle des décès : minimum en août et maximum en février, palme d'ailleurs remportée par les crises cardiaques. En accompagnement, on constate la naissance des plus fortes constitutions physiques sous le premier signe et des plus faibles sous le second. Toutefois, en contrepartie, la puissance extérieure léonienne s'accompagne d'une carence ou fragilité de vie intérieure, tandis qu'au Verseau une profondeur de l'être compense la faiblesse apparente. C'est en février que l'on trouve le plus de naissances de génies et de savants, autour du même mois - revers de la médaille - apparaissent aussi le plus de cas de schizophrènes... Il n'est donc pas si facile que cela de démontrer ce type de corrélations. Faisons pourtant un effort.

Le Soleil étant le symbole de l'autorité en général et de la monarchie en particulier, une étude sur les souverains se prêtait idéalement à un contrôle du genre. D'autant plus que j'ai déjà présenté dans les Astres royaux 198 personnages auxquels l'on peut se reporter. Dans la mesure où j'avais laissé de côté les monarques dont l'heure natale était inconnue, il importait d'élargir cette première liste pour y intégrer ces cas nouveaux, recensés à la fois dans les Nativitas de Martin Harvey et dans la collection des Cahiers de l'Histoire, sérieusement documentés. Personne à ma connaissance n'a été oublié : tous les souverains des grands États européens aux dates natales connues sont là.

Parmi les Soleil-Lion figure le plus brillantissime qui, au poids de l'histoire, est à lui seul un symbole : Napoléon. En matière de grandeur, François-Joseph d'Autriche-Hongrie cumule derrière Louis XIV le record de 68 années de règne, en compagnie de Haakon VII de Norvège, couronné par plébiscite, avec 52 années. Ce n'est plus la grandeur mais la force qui prévaut avec Frédéric-Guillaume 1er de Prusse, qui forge la puissante armée prussienne. Mais la grandeur et la force ne sont pas à la portée de tous, comme s'il était difficile d'accéder à la hauteur de la dignité solaire. Chacun fait ce qu'il peut. Ce souffle solaire paraît d'ailleurs se contenter de hisser aux marches du trône un Louis XVI (29°55' Lion !), qui y accède inopinément derrière une collection de deuils familiaux. De même avec Charles 1er d'Autriche qui enjambe le suicide de son cousin Rodolphe et l'assassinat de son oncle François-Ferdinand. Une conjonction Soleil-Saturne suffit à la médiocrité de Frédéric-Guillaume III de Prusse et rien d'évident avec Maximilien II, Rodolphe II et Joseph 1er de Habsbourg, ni avec Christian III de Danemark et Guillaume IV d'Angleterre (pas de luminaire angulaire). Pour achever le tableau, c'est une grandeur à l'envers - la déviation d'un super-égocentrisme de jouisseur - qui éclate avec le régent Philippe d'Orléans et George IV d'Angleterre.

Parmi les Soleil-Verseau, il y a loin de Frédéric II à Guillaume II, le premier, jupitérien, étant la volonté de puissance d'un corps chétif qui abrite une âme forte, et le second, au bras gauche atrophié, ratant le dépassement de son insuffisance organique dans une surcompensation qui tourne à la puérilité de la représentation. Il n'est donc pas étonnant que nous ayons d'un côté les " débiles " par faiblesse vitale, physique ou morale, et de l'autre, les " sages " hommes de lumière, de progrès, de réformes, de culture. Parmi les premiers se rangent Henri 1er du Portugal, couronné vieux et valétudinaire, absent sur son trône ; François II de France qui disparaît adolescent : Ulrique-Éléonore de Suède, qui abdique au bout d'un an ; Louis XV, le règne de la Pompadour ; Christian VII de Danemark et Norvège, aliéné délivré de son sceptre ; François II de Habsbourg, médiocre dépouillé par son gendre Napoléon et renonçant à la couronne du Saint-Empire, n'étant plus qu'empereur d'Autriche. Au nombre des seconds figurent Charles V de France, chétif et maladif mais fin politique et homme de culture ; Alphonse V du Portugal, grand lettré, fondateur de bibliothèques ; Henri VII d'Angleterre, un juste assisté d'un Conseil des sages ; Frédéric VI de Danemark et de Norvège, libéral, réformateur, émancipateur, qui abdique la couronne de Norvège : Bernadotte-Charles XIV de Suède et Norvège, monarque éclairé ; Oscar II son petit-fils, non moins éclairé, homme de lettres, qui perd la couronne de Norvège. Boris III de Bulgarie, le petit qui tient tête à Hitler et en meurt. Ne forçons pas l'alignement et tenons pour atypiques Henri VII d'Angleterre, Anne de Bretagne, Sébastien 1er du Portugal, Anne d'Angleterre, Béatrice des Pays-Bas.

De toute façon, nous ne pouvons rien conclure en faveur du jeu des dignités et débilités. En raison de la diversité de manifestation de l'état léonien comme de la complexité de la réaction compensatoire de l'état Verseau, la valeur comparative s'évanouit. Mais ce n'est plus le cas avec l’axe exaltation-chute où nous nous trouvons en présence d'un résultat tout à fait probant.

Puissance de l'irruption de l'instinct et de la force animale, le Soleil-Bélier s'observe en majorité chez les souverains conquérants, installateurs de règne, dominateurs et bâtisseurs. Derrière Charlemagne, Jean 1er du Portugal, dit " le grand ", fondateur de la dynastie d'Azid, établissant l'indépendance de son pays dont il fait une des plus grandes puissances de l'époque, son règne étant celui des grandes découvertes, expéditions et conquêtes (Henri le navigateur, Diaz) ; Henri IV d'Angleterre, usurpateur devenant premier roi de la dynastie de Lancastre ; Maximilien 1er de Habsbourg, le " dernier chevalier ", laissant en héritage quatre maisons princières, empire dominant la moitié de l'Europe, vrai fondateur de la puissance des Habsbourg ; Philippe IV d'Espagne, 44 années de règne de la grande Espagne des arts ; Frédéric III de Danemark, instituant la monarchie héréditaire au pouvoir souverain ; George 1er d'Angleterre, qui inaugure la dynastie de Hanovre (1714-1901) ; Frédéric V de Danemark, grand réformateur propulsant un important progrès civilisationnel ; Christian IX de Danemark, désigné par une conférence internationale, premier souverain de la branche de Gliicksburg, avec 42 années de règne et devenu le " beau-père de l'Europe " ; Guillaume 1er d'Allemagne, premier empereur de ce pays ; Napoléon III, qui s'est fait président puis empereur ; Leopold II de Belgique, " conquistador colonialiste " ; Albert 1er de Belgique, soldat héros de son pays. Cas négatif : le raté Henri II qui enflamme les guerres de religion. Cas atypique : Jean II Casimir de Pologne, cardinal succédant à son frère mais abdiquant. Reste l'actuelle bien vivante Margrethe de Danemark, première Danoise couronnée.

Comparez maintenant ces gaillards flamboyants avec ceux qui sont en face, ces faibles sous le coup de l'amenuisement vital du Soleil-Balance : Henri III d'Angleterre, roi piteux, un temps prisonnier et vaincu dans sa guerre contre la France ; Louis X de France, le Hutin, insignifiant qui disparaît avant deux années de règne ; Henri V d'Angleterre, vainqueur d'Azincourt, se faisant reconnaître héritier du trône de France ; Richard III d'Angleterre, dit le Bossu, de shakespearienne mémoire, assassin assassiné au bout de deux années de règne ; Edouard VI d'Angleterre, qui ne règne que quatre ans jusqu'à sa mort à seize ans ; Charles IX de Suède, fin politique partageant le pouvoir, rédacteur d'une chronique des lois de Suède, ne régnant que cinq ans ; Henri III de France et ses " mignons ", assassiné ; Louis XIII de France, déléguant son pouvoir à Richelieu ; Charles VI de Habsbourg, prince esthète sans héritier mâle ; Auguste III de Pologne, libertin désertant le pouvoir et livrant son pays à lui-même ; Ferdinand VI d'Espagne, au règne chancelant, sollicitant en vain son frère de régner à sa place et finissant dans une réclusion dépressive ; Frédéric-Guillaume II de Prusse, pleutre dominé par ses favoris, un pouvoir qui tombe en quenouille ; Charles XIII de Suède, avec lequel s'instaure une monarchie constitutionnelle, sans héritier ; Paul 1er de Russie, détraqué assassiné ; Charles X de France, détrôné ; Louis-Philippe de France, détrôné ; Ferdinand VII d'Espagne, l'écroulement de l'empire d'outre-mer espagnol ; Frédéric-Guillaume IV de Prusse, une vacance complète du pouvoir, par incapacité, remplacé par son frère ; Pierre IV (du Portugal/Pierre 1or du Brésil, deux abdications ; Isabelle II d'Espagne, détrônée ; Frédéric III d'Allemagne, malade mourant au bout de quatre-vingt-dix-huit jours de règne ; Charles 1er du Portugal, assassiné ; Christian VI de Danemark, monarque adoptant une constitution instituant un régime parlementaire ; Charles II de Roumanie, renonçant d'abord au trône et, après s'y être installé, subissant une abdication : Zog 1er d'Albanie, détrôné ; Charles de Belgique, régent sur ordre de l'occupant nazi... À l'exception de Henri V d'Angleterre qui tranche par rapport aux autres, l'on tient comme une formule de réussite de la configuration le partage ou la délégation du pouvoir, forme associative de règne (Charles IX et Charles XIII de Suède, Louis XIII de France, Christian VI de Danemark). Pour le reste, avec un règne court, c'est le pouvoir qui tombe en quenouille, consacrant un déclin monarchique et, couronnant le tout, une série d'abdications et d'assassinats ! Par contraste avec les personnages du Bélier, n'avons-nous pas là notre compte avec cette " chute " du Soleil en Balance ? Qu'un astrologue fasse la moue devant cette conclusion, n'est-ce pas comme s'il commettait un péché contre l'astrologie ?


DU MENU A LA CARTE

Si vous aviez à choisir votre configuration, hésiteriez-vous entre une opposition Soleil-Verseau/Saturne-Lion comme Guillaume II auteur de l'effondrement de l'empire allemand, une opposition Soleil-Balance/Saturne-Bélier comme le comte de Chambord refusant de devenir Henri V de France, une opposition Soleil-Bélier/Saturne-Balance comme Louis-Philippe d'Orléans, votant la mort de son cousin Louis XVI et s'exaltant à la Révolution Française jusqu'à la guillotine, où Christian Huygens établissant l'existence de l'anneau de Saturne après avoir découvert Titan, son premier satellite ; sinon une opposition Soleil-Lion/Saturne-Verseau comme Habib Bourguiba, créateur de la Tunisie moderne ?

Frédéric II avait aussi l'opposition de Guillaume II, mais quelles différences d'astralités générales de l'un à l'autre ! Et l'on sait le mal que s'est donné le vieux Fritz pour être devenu le grand souverain qu'il a été. Toute configuration en soi est relative, les dignités et débilités comme les autres. Ce n'est pas une raison pour les négliger, encore qu'il faille en user avec subtilité. Il y a lieu, en effet, d'être interpellé par elles. L'énormité de l'effondrement de Napoléon, sa déchéance avec son exil, n'est-elle pas toute dans l'opposition Lune-Capricorne/Saturne-Cancer sortant du méridien ? Quel contraste entre le catastrophique Hitler Saturne-Lion-MC et le réunificateur de l'Allemagne Helmut Kohi Saturne-Capricorne-MC ! Certes, cette donnée seconde compose avec tout le reste, mais ne négligeons pas pour autant la filière de ses réseaux informateurs. Voyons-en une esquisse à propos du Mars des militaires et autorités des deux guerres mondiales.

A la première, face au Mars-Lion de George V d'Angleterre et au Mars-Capricorne-AS de Raymond Poincaré, Guillaume II a un Mars-MC en dissonance de son opposition Soleil-Verseau/Saturne-Lion et affecté par Lune-Scorpion opposée à Uranus-Taureau. Empereur au surplus entouré d'abord des deux Mars-Cancer, feldmarshall von Schlieffen et général von Kluck, qui ne se relèvent pas de la défaite de la Marne en 1914. Puis du feldmarshall von Hindenburg Mars-Taureau et de son chef d'État-major von Lundendorf Mars-Cancer. Au passage se signalant le Mars-Balance Luigi Cardona avec illustrissisme défaite de Caporetto en 1917. Liste à laquelle se joint le Mars-Cancer-MC de Charles 1er d'Autriche-Hongrie qui sombre dans la défaite militaire de 1918.

A la Seconde Guerre mondiale, la défaite française de 1940 fait écho à la conjonction Soleil-Mars-Balance de Paul Reynaud et au Mars-Cancer du généralissime Weygand, un autre Mars-Cancer, le général Dentz, étant chargé d'accueillir l'ennemi à Paris en juin 1940. Ce n'est pas " gratuitement " qu'avec une conjonction Soleil-Pluton-Taureau et un Mars-Balance-MC en opposition de Vénus-Bélier-FC, le maréchal Pétain abandonne le combat en 1940 et - à 84 ans : réception mutuelle du maître de X en IV et du maître de IV en X - " accepte le désastre militaire comme pavois de son élévation " (de Gaulle) ; qu'il est au surplus le chef d'État d'une France de un million et demi de prisonniers de guerre, " en captivité ", que grossit ensuite un million de civils, eux aussi exilés sous l'étiquette du Service du travail obligatoire ; outre qu'il finit lui-même exilé à Sigmaringen puis à l'île d'Yeu ! Son Mars-Balance -qui fait la paire avec Mars-Taureau de Laval - renvoie aussi à celui du général Bridoux, son ministre de la guerre, qui ordonne à l'armée française de se démobiliser à l'invasion de la zone libre par les nazis en novembre 1942 (subtilité : ce n'en est pas moins un Mars-Scorpion que détient l'amiral de Laborde qui ordonne alors le sabordage de la flotte française à Toulon ; mais un Mars à l'opposition de Neptune que charge Saturne en Poissons).

Du côté allemand, la fortune des armes pouvait-elle indéfiniment sourire à un Hitler détenteur d'un carré antice Mars-Taureau/Saturne-Lion prolongé par Lune-Jupiter en Capricorne ? Confiant d'abord ses armées au Mars-Cancer von Brauchitsch, qui marque l'arrêt de la Wehrmacht devant Moscou, puis fondant son espoir dans la victoire du Mars-Balance Rommel, un autre Mars-Balance Keitel signera la capitulation de l'Allemagne à Reims le 9 mai 1945. Alors que Staline a Mars en Scorpion et que culmine un Mars-Capricorne chez Eisenhower, tandis que le Mars-Balance de Churchill est conjoint à Jupiter.

L'enquête doit se poursuivre dans l'élaboration subtile de ce qui émane de plus spécifique du rapport astre-signe. Il m'a déjà été donné de lier " l'exil " de Saturne du Cancer au départ de sa famille : " Tu quitteras ton père et ta mère ", et celui de Saturne du Lion à l'abandon des siens : " tu seras quitté par tes enfants " : épreuves spécifiquement saturniennes. D'autres formules éclairantes sont souhaitées.

Pascal, qui a un Saturne-Lion probablement en première position, nous en livre une non moins pure : " Le moi est haïssable ". Douloureux désinvestissement vital, il est vrai, qui le plonge dans l'angoisse d'une condition humaine comme étranger en exil sur cette terre : " En voyant l'aveuglement et la misère de l'homme, en regardant tout l'univers muet, et l'homme sans lumière, abandonné à lui-même et comme égaré dans ce recoin de l'univers, sans savoir qui l'y a mis, ce qu'il y est venu faire, ce qu'il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j'entre en effroi, comme un homme qu'on aurait porté endormi dans une île déserte et effroyable et qui s'éveillerait sans connaître où il est et sans moyen d'en sortir. Et, sur cela, j'admire comment on n'entre pas en désespoir d'un si misérable état. "

Toujours Saturne du Lion : avec un carré de la Lune, c'est comme en exclu et chargé de culpabilité que Jean-Jacques Rousseau ressent sa détresse initiale : " Je naquis infirme et malade : je coûtai la vie à ma mère. " Avec une opposition lunaire angulaire, c'est une même déficience vitale qui mine l'archiduc Rodolphe jusqu'au suicide. Et quand ce n'est plus fragilité, cela devient monstruosité, qu'on en soit l'auteur (Hitler, la déportation de 12 millions de personnes en Allemagne : Saturne en MC) ou la victime (l'exilé de l'île du Diable, Alfred Dreyfus : Saturne en VII). A moins que le problème trouve refuge dans la philosophie en échappée vers une transcendance : Hegel et Fourier, Bergson et Husserl, Heidegger et Wittgenstein...
En refermant ce dossier, il devrait apparaître que le problème des maîtrises, au vocable quelque peu folklorique incitant dangereusement à la dépréciation, ne se traite pas à la hâte en théorisant à tous crins jusqu'au dérapage du raisonnement dans le vide, car le sujet est subtil et il faut garder le contact en permanence sur le terrain, puis juger des résultats obtenus.

Ici, comme ailleurs, la petite république des astrologues ne doit point ressembler à un far-west où chacun joue du pistolet comme au western, les balles, en l'occurrence, purement verbales, ne réglant rien : erreurs, contresens, illogismes, absurdité, délire... Alors qu'en réalité là où l'on décrète de l'impossible, place est faite non seulement à du possible, mais même à du nécessaire. Aurai-je convaincu mes estimés confrères conditionalistes ? Cela devrait mais j'en doute, car il faut se confronter à son erreur et la reconnaître, ce qui n'est pas facile quand on est sûr de soi comme l'est R.P. N'empêche, à tout le moins, cette exploration devrait les inviter sérieusement à la réflexion, tout en encourageant la grande majorité de ceux qui utilisent les maîtrises à continuer.
Nota. - A propos du thème de Peynet, attention à la simplification rappelant Michel Gauquelin nous balançant le cas de Himmler " né sous le doux signe de la Balance "... Ne connaissant pas le personnage, j'ignore ce qu'il faut penser de son Scorpion. Ce qui est sûr, c'est que sa Vénus-Balance en X va parfaitement à un dessinateur qui s'est illustré à répéter indéfiniment son fameux couple d'amoureux : peut-être bien même d'une façon obsessionnelle (Scorpion).

On peut résumer chiffres en main : les 15 souverains Bélier réunissent 421 années de règne, presque autant que les 27 souverains Balance qui en rassemblent 443, la moyenne étant de 16 ans ½ pour la Balance et de 28 ans pour le Bélier. Et avec la Danoise Margrethe qui est déjà sur le trône depuis un quart de siècle, les Béliers dépassent les Balances qui sont pourtant presque deux fois plus nombreux, outre un détrôné et un démissionnaire d’un côté, et de l’autre, six détrônés et quatre assassinats (plus d’un tiers !)…


Association pour la Recherche et l'Information
en Astrologie NAturelle
AstroAriana





Critique de la doctrine des Maîtrises planétaires
par  RICHARD PELLARD
Avec la doctrine Élémentaire (attribution des quatre Éléments aux grands trigones zodiacaux et aux Planètes), celle des Maîtrises planétaires (Domicile, Exaltation, Chute, Exil) constitue l’un des fondements essentiels de ce qu’il est convenu d’appeler, en cette fin de XXe siècle, l’astrologie « traditionnelle », qu’il serait d’ailleurs plus juste de qualifier de « symboliste ».

Les trônes des vieux astres

L’idée que chaque Signe du zodiaque est « naturellement » associé à un astre qui le gouverne est pour la plupart des astrologues une telle évidence que pratiquement aucun d’entre eux ne songe même à en préciser ou en rappeler les fondements. Ainsi, quelles que soient les différences d’approche qui les caractérisent et les philosophies parfois antagonistes qui les sous-tendent, la quasi-totalité des écoles d’astrologie est-elle d’accord sur au moins deux dogmes : la nature Élémentaire des Signes et l’intangibilité des Maîtrises planétaires.
Le postulat selon lequel chaque astre du système solaire gouvernerait une portion de zodiaque n’a pourtant rien d’évident. Un astrologue du XXe siècle, à l’esprit critique et rationnel, soucieux de fonder l’astrologie sur de sérieuses bases astronomiques, est en donc en droit de s’interroger sur la nature de la relation astre-Signe en général et sur la pertinence du système des Maîtrises traditionnelles en particulier.

C’est ce que cet article se propose de faire. Dans un premier temps, il m’a paru nécessaire d’effectuer un retour dans le passé, afin de retrouver les sources de la théorie des Maîtrises ; dans un deuxième temps, d’exposer les arguments astronomiques qui plaident contre la réalité des Maîtrises ; et dans un troisième temps, de démontrer à quel point l’utilisation de ce système peut être pernicieux, tant dans la théorie que dans la pratique astrologique.

« On » et « les Anciens »

Pour illustrer notre propos, citons les écrits de trois auteurs du XXe siècle, qui représentent assez bien quelques-unes des principales tendances de l’astrologie symboliste. Selon A. Barbault, « les anciens n’ont pas manqué d’établir des relations précises entre ces deux valeurs accouplées (Signe et Astre). Leurs premières constatations les ont amenés à placer chaque Signe sous la tutelle d’une planète ». Pour Hadès, « on dit que la planète se trouve « en domicile » dans son signe ». Pour Dane Rudhyar enfin, « Il est dit de chaque planète qu’elle « gouverne » un, voire deux Signes, et qu’elle est « exaltée » dans un autre ».
« On » (pronom tout à fait indéfini) a bon dos, et la référence aux anciens, avec ou sans majuscules et tout le respect que nous devons à ceux d’entre eux qui le méritent, ne suffit certainement pas à justifier le dogme des Maîtrises. À moins bien entendu de postuler que l’antériorité d’une théorie quelconque est un critère absolu de validité. On sait que l’histoire des connaissances, dans de très nombreux domaines, nous a largement démontré le contraire. Astrologues de la fin du deuxième millénaire, nous sommes tributaires de l’héritage que nous ont légués les anciens. À nous de le faire fructifier… mais ce serait un bien mauvais service à rendre à l’astrologie que de reproduire et laisser perdurer les erreurs de nos ancêtres.

Aux sources des maîtrises

D’après les documents historiques dont nous disposons, c’est lors de la rencontre de l’astrologie babylonienne avec la civilisation grecque que la doctrine des Maîtrises planétaires, telle que nous la connaissons aujourd’hui, s’est systématisée.
Deux grandes traditions ont nourri l’astrologie grecque : la chaldéenne, plus « physique » et l’égyptienne, plus métaphysique. Il semble que ce soient les astrologues chaldéens qui, les premiers, ont commencé à attribuer des domiciles aux planètes.
Rappelons que, lors de la constitution de l’astrologie babylonienne, le phénomène de précession des équinoxes était encore inconnu ; aussi les Chaldéens, et à leur suite les Égyptiens, avaient-ils attribué aux constellations qui se trouvaient en arrière-plan de la bande écliptique les qualités des Signes. Pour les Grecs donc, comme le note Bouché-Leclercq, « c’était une question philosophique à débattre que de savoir si, dans la collaboration des Signes et des planètes, l’harmonie venait de ce que les planètes répartissent l’influence des étoiles, ou au contraire, de ce que les étoiles participent de la nature des planètes et s’accommodent à leur tempérament. Les astrologues avaient tranché la question de pratique en faveur des planètes ».
Pourquoi ce choix ? Probablement parce que les plus perspicaces d’entre eux avaient remarqué que les influences planétaires étaient plus fortes et plus significatives que les zodiacales (confondues avec les stellaires avant la découverte de la précession des équinoxes), ce que des siècles d’observation ont largement confirmé depuis. De la primauté des astres sur les Signes, ils ont ensuite inféré qu’existait entre astre et Signe une relation d’ordre hiérarchique : ainsi, d’une manière générale, les astres « commandaient » aux Signes.

Le Soleil maître du Cancer ?

La pensée analogique, qui à cette époque dominait quasiment sans partage, a alors pris le relais. On peut imaginer les raisonnements de nos lointains ancêtres chaldéens : le Soleil est l’astre le plus important et le plus chaud ; or c’est au moment du solstice d’été qu’il est le plus haut dans le ciel et que commencent les époques de plus grande chaleur sous les latitudes mésopotamo-égyptiennes. Le Soleil ne gouvernerait-il pas la période aux plus longues durées d’ensoleillement et la saison la plus chaude de l’année ? Quant à Saturne, c’est l’astre le plus éloigné du Soleil, donc le plus éloigné de sa chaleur, donc le plus froid… Le solstice d’hiver ne serait-il pas son domaine, et surtout la saison hivernale, au cours de laquelle il fait le plus froid ?
Dans cette optique, il pouvait sembler logique de penser que le Signe le plus en affinité avec le Soleil était le Cancer. Un certain Nigidius Figulus, hermétisant égyptien disciple d’Hermès Trismégiste, avait d’ailleurs fait du Soleil le gouverneur du Cancer, situant le domicile de la Lune dans le Lion ! C’est vous dire si le système des maîtrises n’est pas sorti tout construit de la cuisse de Jupiter…
Ceci dit, pourquoi la domiciliation du Soleil dans le Lion ? Peut-être faut-il en chercher l’origine dans l’astrologie égyptienne. Essentiellement zodiacale, elle accordait la plus grande importance aux étoiles fixes, tout en vouant un véritable culte au Soleil (Ra). Or il se trouve que de nombreux papyrus mentionnent qu’à l’époque où se constituait la « religion zodiacale » égyptienne, le lever héliaque de Sirius (Sothis), étoile à laquelle les Égyptiens accordaient une importante influence, se produisait dans la direction de la constellation du Lion. En attribuant au Soleil un domicile en Lion, les Égyptiens faisaient d’une pierre deux coups, rendant hommage à la fois à Sothis et à Ra. Ceci explique peut-être cela, et cela d’autant plus que c’est au cœur de l’été, dont les torrides chaleurs étaient analogues à celle de l’astre du jour, que les inondations du Nil battaient leur plein, amenant avec elles richesse et fertilité…
Mais, en ce qui concerne la distribution des autres Maîtrises planétaires, il semble bien qu’il faille quitter l’école égyptienne pour les comprendre. Les Égyptiens, plus métaphysiciens que physiciens, à rebours des Chaldéens et plus tard des Grecs, se souciaient peu des planètes concrètes, leur préférant, en exceptant le Soleil et la Lune, leurs dieux imaginaires. Les papyrus datés de 90 à 190 après J.-C. faisant état du système des Maîtrises planétaires montrent clairement une influence pythagoricienne, et donc grecque.
En ces temps reculés, les Grecs n’avaient pas encore greffé leur théorie des quatre Éléments sur l’astrologie babylonienne. Nos confrères astrologues, qui pratiquaient alors une astrologie d’origine largement météorologique, pouvaient alors pratiquement observer que juste après le solstice d’été, pendant que le Soleil traversait le Cancer, le temps était chaud et sec. Ce n’est que beaucoup plus tard, à l’époque hellène, qu’il est devenu, par décret Élémentalo-abstrait, un Signe d’Eau froid et humide.

Le Thème du Monde

Admettons donc que les Égyptiens aient la paternité de la domiciliation du Soleil en Lion par l’intermédiaire du lever héliaque de Sirius. Pourquoi la Lune serait-elle alors domiciliée en Cancer ? Aucune raison naturelle ne légitime a priori cette attribution : la Lune, astre des nuits froides, antithèse du chaud Soleil, n’a apparemment rien à faire dans ce Signe équinoxial où les nuits sont les plus courtes et les jours les plus longs. La tradition pythagoricienne vient alors à notre secours, qui donnait aux planètes l’ordre suivant : Lune, Soleil, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne. En conservant au Soleil sa maîtrise du Lion, en adoptant l’ordre pythagoricien et en respectant le sens des Signes, on aboutit inévitablement aux maîtrises suivantes :
C’est ce qu’une tradition gnostique, prétendument égyptienne et en fait issue de spéculations hellénistiques, a appelé le Thème du monde. D’après cette tradition, ce thème décrirait les positions qu’occupaient les planètes dans le zodiaque à la naissance de l’univers, chacune étant idéalement en domicile, la Lune en Cancer à l’AS et le MC en Bélier au moment du big-bang ou de ce qui en tenait lieu à l’époque…
On pense ce qu’on veut de telles divagations mais, grâce à ce système, les sept astres errants, SDF antiques de la sphère des fixes, avaient enfin un domicile fixe. Ouf ! Mais que faire des cinq autres Signes ? Pourquoi n’auraient-ils pas droit, eux aussi, à des Maîtrises planétaires ? Nos confrères astrologues finirent par trouver une solution simple et élégante.
Le Soleil et la Lune, par un privilège dû à leur condition de luminaires, n’auraient qu’un seul domicile et régneraient chacun sur deux hémisphères : un hémisphère de maîtrises « diurnes » régi par le Soleil (Mercure-Vierge, Vénus-Balance, Mars-Scorpion, Jupiter-Sagittaire et Saturne/Capricorne, la Lune n’ayant pas de domicile diurne puisqu’elle est l’astre des nuits) et un hémisphère de maîtrises nocturnes régi par la Lune (Mercure-Gémeaux, Vénus-Taureau, Mars-Bélier, Jupiter-Poissons et Saturne-Verseau, le Soleil n’ayant pas de domicile nocturne puisqu’il est l’astre du jour).

Le sexe à domicile est-il logique ?

Tout est alors pour le mieux dans le meilleur des mondes : avec sept astres, on est arrivé à distribuer douze Maîtrises harmonieusement réparties. Certes, le système manque totalement de logique symbolico-naturelle. S’il en avait une, le Soleil, astre du jour, gouvernerait analogiquement les Signes environnant le solstice d’été (Gémeaux-Cancer), période la plus ensoleillée de l’année, et la Lune, astre des nuits, pourrait par exemple être en domicile dans les Signes avoisinant le solstice d’hiver (Sagittaire-Capricorne), époque des plus longues nuits.
Mais foin de logique externe ! La majorité de nos ancêtres astrologues semblait se satisfaire de la logique interne de ce système de Maîtrises planétaires… même si cette logique interne était plus que douteuse : en effet, les planètes étaient censées avoir un sexe. Lune et Vénus étaient réputées féminines, Soleil, Mars, Jupiter et Saturne masculins et Mercure androgyne. Ces derniers étaient-ils « dévirilisés » lorsqu’ils étaient sous la coupe des Signes nocturnes de l’hémisphère des Maîtrises lunaires ? Et vice-versa : Lune et Vénus devenaient-elles plus masculines dans leurs domiciles diurnes en Cancer et Balance ? Nos lointains confrères ne semblent pas s’être posé la question.
Toujours du point de vue de l’étrange logique interne de ce système, le problème fut résolu, puisque les Signes aussi avaient un sexe : la Lune féminine ne pouvait gouverner qu’un Signe féminin comme le Cancer et le Soleil, Masculin, qu’un Signe masculin comme le Lion. Très bien, mais alors pourquoi Vénus, planète féminine, a-t-elle son domicile diurne dans le Signe masculin de la Balance, et Mars, masculin, dans le Signe féminin du Scorpion ? Ptolémée, pas plus qu’aucun autre, n’a cru bon de nous expliquer le pourquoi du comment d’aussi grossiers illogismes.
Mars en Bélier dans son domicile nocturne situé dans un hémisphère gouverné par un astre féminin, la Lune, est-il plus ou moins « masculin » que Mars en Scorpion, masculin dans un Signe féminin mais dans un hémisphère gouverné par le Soleil masculin ? Rassurez-vous, les astrologues grecs avaient réponse à tout, et si vous leur demandiez lequel de ses deux domiciles préférait la planète qui en avait deux, il vous répondaient : celui qui correspond à son sexe… ce qui contredit formellement la primauté des domiciles diurnes sur les nocturnes.

Quand la Lune gouverne le jour et le Soleil la nuit

Un tel système est parfaitement aberrant. Et ce n’est pas tout. L’hémisphère diurne et masculin (Solaire) et le nocturne et féminin (Lunaire) sont séparés par un diamètre qui passe entre, d’un côté Cancer et Lion, de l’autre Capricorne et Verseau. La logique demanderait que les Signes appartenant à l’hémisphère des domiciles nocturnes (du Verseau au Cancer compris) aient des durées de nuit supérieures à celle des jours, et vice-versa pour domiciles diurnes (du Lion au Capricorne compris). Or, c’est exactement le contraire qui se produit ; pire encore, l’hémisphère des domiciles diurnes contient les deux Signes aux durées nocturnes les plus longues (Sagittaire-Capricorne), et l’hémisphère nocturne les deux Signes aux durées diurnes maximales (Gémeaux-Cancer).
Et tant pis si la Lune, astre de la nuit selon la légende, est aussi l’astre du jour lors des nouvelles Lunes, lorsqu’elle accomplit toute sa trajectoire au-dessus de l’horizon en compagnie du Soleil. Il y a là de quoi, non seulement y perdre son latin, mais aussi rejeter l’astrologie grecque et son système de maîtrises planétaires…

Des exaltations pas très exaltantes…

Le système des domiciliations planétaires est, vous le voyez, passablement absurde. Que dire alors de celui des exaltations ? Dans l’esprit des astrologues grecs, l’exaltation (ou altitude) était le Signe où la planète acquiert ou commence à acquérir son maximum de puissance. Cette définition est totalement floue et équivoque, et mélange plusieurs phénomènes astronomiques : tantôt il s’agit des déclinaisons australes et boréales des planètes (l’astre est alors exalté lorsqu’il commence à s’élever en altitude dans le ciel. Ex : le Soleil est « exalté » en Bélier parce que ses déclinaisons Nord augmentent et qu’il est donc de plus en plus haut dans le ciel), tantôt il s’agit des apogées et périgées des astres (un astre au point de sa course sur l’écliptique le plus éloigné de la Terre étant censé être exalté).
C’est n’importe quoi. Et si vous vous demandez pourquoi Saturne est exalté en Balance, ne cherchez aucune raison astronomique : c’est tout simplement parce que, son domicile nocturne (Verseau) étant opposé au domicile du Soleil (Lion), il est nécessairement (?!) exalté dans le Signe diamétralement opposé au Signe d’exaltation du Soleil, ce dernier se trouvant en « dépression » (c’est l’expression désignant la chute) dans la Balance, CQFD ! Dans la même veine et en suivant la même logique délirante, étant donné que la Lune est exaltée en Taureau, Saturne (dont le domicile en Capricorne est opposé à celui de la Lune en Cancer) devrait être exalté en Scorpion… mais Ptolémée, ni aucun autre astrologue de l’époque hellénistique n’en souffle mot.

L’analogie contre la logique ?

Tous ces illogismes, ces absurdités, sont dans une large mesure le produit d’un analogisme débridé. Mais qu’est-ce que l’analogie, dont la plupart des astrologues pensent qu’elle est une voie royale pour accéder aux mystères de la relation entre l’Homme et le Ciel ? Donnons la parole à un astrologue, Henri Gouchon : ’Deux phénomènes sont, par définition, en analogie lorsqu’on retrouve dans le second des caractères déjà rencontrés dans le premier… la question préjudicielle restant de savoir si, du premier au second des éléments considérés, l’analogie joue en vertu d’un simple parallélisme, d’une corrélation ou d’un rapport de cause à effet ».
La pensée analogique est donc une pensée qui cherche et établit des relations de ressemblance ou de correspondance entre différents êtres, objets ou situations, sans se soucier de savoir si ces relations relèvent de causes physiques objectives. C’est une pensée magique, animiste, purement symboliste, commune au primitif et à l’enfant. Faut-il en faire le procès, au prétexte que nos lointains ancêtres astrologues en ont usé et abusé, entre autre dans leur théorie des maîtrises planétaires ? Il est évident que non. Ce serait aussi stupide que de reprocher à un enfant de n’être pas un adulte logique et rationnel.
La pensée analogique est le savoir de l’enfance en même temps que l’enfance de tout savoir, y compris le savoir astrologique. Elle représente également « toute démarche initiale d’un esprit, fut-il adulte, placé devant un problème dont le caractère insolite ou complexe le renvoie à l’usage de sa fonction primordiale. Bien intégrée aux autres fonctions psychologiques, la tendance animiste a des vertus créatrices dont on ne saurait priver le genre humain. Par ailleurs, elle correspond à un stade de développement qu’il paraît difficile de supprimer si l’on tient à l’apparition et à l’accomplissement du stade suivant ! » (2).
L’analogisme a permis à nos lointains ancêtres astrologues, dans l’enfance de l’astrologie, de saisir les correspondances entre l’Homme et le Ciel. Ils n’avaient d’ailleurs pas le choix d’un autre mode de pensée. C’est au cœur de ce terreau analogique dont elle s’est nourrie qu’a progressivement émergé la pensée logique, exigeant que les correspondances entre les éléments du réel, quand elles existent, soient fondées sur des causes physiques objectives et mesurables, tel un petit d’homme sortant de l’enfance et s’apercevant que les étoiles de sont pas de poétiques lucioles, mais des masses de gaz en fusion thermonucléaire.
Il n’est donc pas question de rejeter en bloc la pensée analogique, et encore moins d’instruire le procès. Mais il est indispensable de la dépasser et de démêler, dans l’écheveau touffu des correspondances qu’elle a établi, ce qui relève de ressemblances apparentes et souvent illusoires, et ce qui relève de corrélations objectives. Or, il paraît aujourd’hui évident, grâce au progrès de nos connaissances, que la théorie des maîtrises planétaires ressort davantage de la première catégorie que de la seconde…

L’odyssée zodiacale des transsaturniennes

Au cours des siècles qui suivirent la parution du Tetrabible de Ptolémée, ce système absurde s’imposa et fut adopté par des générations d’astrologues. Rares furent ceux qui osèrent le critiquer, voire le rejeter. Seul Kepler, semble-t-il, le fit explicitement dans son Harmonia Mundi. À tel point que lui qui était non seulement fortement marqué par le Capricorne (conjonction Soleil-Mercure-Vénus dans ce Signe, plus Uranus dont il ne pouvait connaître l’existence à son époque), mais aussi un savant rigoureux, refusa dans son autoportrait astrologique de se définir comme saturnien, au prétexte, fallacieux selon lui, que Saturne serait le maître du Capricorne. Et d’ailleurs, Saturne n’est pas angulaire dans son thème. C’est dire !
En 1781, on découvre l’existence d’une première transsaturnienne : Uranus. Aussitôt, c’est la panique chez les astrologues : le bel édifice multicentenaire des maîtrises planétaires vient de subir une première lézarde. Il faut derechef lui trouver un domicile ! Explicitement ou implicitement, la logique des « domiciles diurnes » a prévalu : en suivant le sens des Signes et à la suite de Saturne en Capricorne, Uranus se retrouve promu maître du Verseau, signe d’Air (car depuis les débuts du premier millénaire après J.-C., le zodiaque élémental s’est mis à régner sans partage… alors que Ptolémée n’y faisait pas allusion !). Bizarre, pour un astre-mythe assimilé à Prométhée, qui vola le feu (Feu) des dieux. L’Air serait-il ennemi du Feu ? Grave question… Quant à Saturne, qui occupait auparavant le trône, il doit se contenter désormais d’une fonction de vice-roi… et la belle logique interne « traditionnelle » qui présidait aux domiciles a bel et bien volé en éclats.
Moins d’un siècle plus tard, en 1846, Neptune est découvert à son tour. Re-panique, mais un peu moindre : en suivant toujours la logique des domiciles diurnes et le sens des Signes, on lui attribue un domicile en Poissons. Ça tombe bien, le dieu des mers dans un Signe d’Eau, et qui plus est nommé Poissons ! C’est la liesse chez les astrologues symbolistes, et Kepler se retourne dans sa tombe. Les deux figures ci-dessus représentent les Maîtrises planétaires sur les Signes, les Éléments étant représentés par des couleurs : rouge pour le Feu, brun pour la Terre, bleu pour l’Air et vert pour l’Eau. La figure de gauche représente les Maîtrises « traditionnelles », celles d’avant la découverte des transsaturniennes, et celle de droite les néo-Maîtrises.

Quand Pluton dissout la Tradition…

Quatre-vingt quatre ans passent, et Pluton est aperçu au bout de la lunette d’un télescope en 1930. La même logique, issue rappelons-le de la tradition astrologique grecque, qui a présidé aux attributions domiciliaires d’Uranus et Neptune voudrait qu’on fasse de Pluton le maître du Bélier. Ce ne sera pas pourtant pas le cas. Quelques rares astrologues lui attribuent certes le Bélier, mais d’autres en pincent pour le Sagittaire (Volguine) ou les Poissons (Vouga).
Finalement, c’est le Scorpion qui gagne au finish, et le système traditionnel des maîtrises est désormais bel et bien pulvérisé : avec Pluton maître du Scorpion, il n’a plus, ni logique interne, ni logique externe. Les astrologues qui croient à la maîtrise de Pluton sur le Scorpion sont en totale rupture avec la Tradition… alors même que, paradoxalement, c’est parmi eux que l’on trouve les plus ardents défenseurs du patrimoine astrologique grec ! Pour plaider leur cause, ils mettent en avant les ressemblances entre les caractéristiques astro-psychologiques plutoniennes et celles du huitième Signe, et la dissemblance évidente entre le sombre et étrange Pluton et le Bélier franc et clair.
On sait pourtant à quel point les Anciens tenaient à la logique (?) interne de leurs maîtrises planétaires. Pour la légitimer, ils n’ont en aucun cas procédé à une évaluation systématique des « ressemblances » ou « dissemblances » astro-psychologiques entre astres et Signes. Une fois postulé, a partir d’une prétendue « raison naturelle » soutenue par une démarche tautologique que les deux luminaires étaient domiciliés en Cancer et Lion, et que la répartition des domiciles devait suivre impérativement l’ordre planétaire pythagoricien, c’est avec un froid et abstrait esprit de système, exempt de toute considération astro-psychologique, qu’ils ont distribué les maîtrises. Et ce n’est qu’une fois cette opération accomplie qu’ils ont commencé à s’intéresser aux analogies entre les domiciles et leurs maîtres : une attitude qui est très exactement l’inverse de ceux qui plaident en faveur des similitudes astro-psy entre Pluton et le Scorpion.

Le zodiaque est-il d’essence solaire ?

Quels sont les phénomènes objectifs qui peuvent rationnellement fonder la relation astre-signe ? Par-delà les symboles et les analogies dont l’homme habille et parfois travestit le réel, c’est sans doute vers les réalités astronomiques qu’il faut se tourner pour trouver des éléments de réponse.
Dans le passé, tous les astrologues sérieux (Ptolémée, Kepler, Cardan pour ne citer qu’eux) étaient en même temps astronomes : même lorsqu’ils se trompaient, ils savaient en général de quoi ils parlaient. De nos jours, trop nombreux sont les astrologues qui ignorent tout ou presque du réel astronomique, lequel fonde pourtant le réel astrologique. Le zodiaque et les planètes sont ainsi devenus de pures abstractions langagières avec lesquelles on peut jongler intellectuellement, comme s’ils n’avaient pas de réalité en soi.
À l’époque de la naissance de l’astrologie hellénistique, il faut bien reconnaître que, comme aujourd’hui, les astrologues-fumistes, ignares des choses de l’astronomie, étaient déjà légion. Ainsi est-il d’usage d’imaginer le zodiaque comme une espèce de ruban circulaire mythique, large d’environ 17° et de rayon indéfini, qui tournerait autour de la Terre et sur lequel circuleraient de non moins mythiques astres du système solaire et toutes sortes de points fictifs (Lune noire, planètes imaginaires, Parts diverses, etc). Ce ruban serait subdivisé en douze parties égales et aurait une « essence solaire ». Chacun de ces douze secteurs zodiacaux aurait une qualité Élémentaire (Feu-Terre-Air-Eau) et serait gouverné par un ou deux astres.

Le point de vue astronomique.

La réalité astronomique est toute différente.
En fait, astronomiquement, le zodiaque n’a pas d’autre réalité que géocentrique : il est l’inclinaison de la Terre sur son orbite. Il est donc d’essence terrestre, et non solaire.
Si l’axe de la Terre n’était pas incliné sur son orbite, la rotation solaire apparente s’effectuerait dans le plan équatorial et il n’y aurait donc pas d’intersection entre plan écliptique et plan équatorial, pas de déclinaisons boréales ou australes, ni solstices ni équinoxes et par conséquent pas de variation des durées diurnes et nocturnes, et en définitive pas de zodiaque.

Les Signes du zodiaque ne tirent, au fond, leur réalité objective et leurs significations concrètes que de leurs déclinaisons et du rapport de leurs durées diurnes et nocturnes, leur équilibre, leur caractère croissant ou décroissant. Et ces variations des durées diurne-nocturne (pour le Soleil) et des temps de présence-absence par rapport au plan de l’horizon (pour la Lune et les planètes) sont elles-mêmes induites par les déclinaisons, lesquelles sont dues à l’inclinaison de la Terre sur son orbite…
Le zodiaque n’est donc nullement d’essence solaire. Il s’en suit qu’il n’est pas non plus saisonnier, les saisons terrestres étant déterminées par la croissance et la décroissance annuelle des durées d’ensoleillement. La conception saisonnière, et donc solaire du zodiaque, produit d’ailleurs des résultats absurdes : imaginez un individu ayant le Soleil en Lion, Mars en Balance, la Lune en Capricorne et Jupiter en Taureau. Il est donc né en été, saison « chaude et sèche ». Si l’on s’en tient à la conception solaro-saisonnière du zodiaque, les feuilles mortes devraient commencer à recouvrir Mars en Balance (il est en automne « sec et froid »), la neige devrait tomber sur la Lune en Capricorne (elle est en hiver « froid et humide ») tandis que les marguerites seraient censées s’épanouir dans l’herbe verdoyante du milieu de printemps pour Jupiter en Taureau (il est en printemps « chaud et humide »).

Que se passe-t-il dans la réalité ? Rien de tout cela. C’est l’été pour toutes les planètes, et il ne neige dans aucun coin du thème natal de notre sujet : tant mieux pour lui, il risquerait un chaud-et-froid ! Plus sérieusement, considérons le cas de la Lune : elle ne se trouve pas « en hiver » et il ne fait pas froid sur les 30° de zodiaque du Capricorne : elle occupe tout simplement une position comprise entre −23° 45 et −20° 16 de déclinaison sud, donc dans le Signe du Capricorne, ce qui lui vaut une durée de présence au-dessus de l’horizon comprise entre 8 h 03 et 8 h 43 pour la latitude de Paris.

Pluton/Scorpion est Balance !

L’écliptique, trajectoire apparente du Soleil autour de la Terre, sert de plan de référence zodiacal : les longitudes zodiacales des planètes, que l’on trouve dans nos éphémérides, sont calculées à partir de la projection de leur position réelle sur le plan écliptique. Il ne faut pourtant pas oublier que les orbites planétaires sont toutes inclinées par rapport au plan écliptique, et que les planètes ne suivent donc pas fidèlement la trajectoire solaire. Cette hauteur, positive ou négative, par rapport au plan écliptique s’appelle la latitude céleste. C’est à cause de ces latitudes célestes que la bande zodiacale a été conventionnellement élargie d’environ 8° 30 de part et d’autre de l’écliptique.
Vous me direz : « Mais qu’est-ce que cela a à voir avec les maîtrises ? ». J’y viens. Prenons le cas de Pluton, dont le domicile est censé être le Scorpion. Son périhélie (distance minimale au Soleil) se situe dans la direction du 21° Scorpion. À son périhélie, Pluton, dont le plan orbital est incliné d’environ 17° sur l’écliptique, a une latitude céleste nord maximale, et donc une déclinaison supérieure à celle du Soleil à 21° Scorpion. Pour le vérifier, prenons nos éphémérides à la date du 1/12/1991,date à laquelle la position de Pluton, projetée sur le plan écliptique,est précisément 21° Scorpion,et notons sa déclinaison : elle est de −4° 01 sud.
Cherchons maintenant à quelle date le Soleil a la même déclinaison : c’est le 04/10/1991, et le Soleil se trouve alors à 10° Balance. Pluton à 21° Scorpion a donc les mêmes caractéristiques zodiacales (déclinaison, temps de présence-absence au-dessus de l’horizon) que le Soleil à 10° Balance. Généralisons : lorsque Pluton est dans le premier décan du Scorpion, il a des rythmes Vierge, et dans les deux derniers décans du Scorpion, des rythmes Balance. La logique demanderait alors d’interpréter un Pluton en longitude écliptique fin Scorpion comme un Pluton-Balance. Vous voyez sans doute maintenant où je veux en venir à travers cet exemple : Pluton est actuellement en Scorpion, donc apparemment « en dignité » dans son domicile. Ceux qui croient aux maîtrises planétaires en ont tiré et en tirent encore toutes sortes de conjectures sur le plan individuel et collectif, alors qu’en réalité Pluton se comporte comme un astre en Balance…
Avis à la population friande de Maîtrises : ce n’est qu’à partir du 17/10/2000 que Pluton commencera à avoir de vrais rythmes Scorpion, jusqu’au 15/02/2014. Il passera alors, en longitude écliptique, du 11° Sagittaire au 13° Capricorne.
Le cas de Pluton est extrême : en effet, il est l’astre dont le plan orbital est le plus incliné par rapport à celui de l’écliptique. Mais les plans orbitaux de toutes les planètes étant plus ou moins inclinés sur l’écliptique, on pourrait en déduire, en toute rigueur astronomico-astrologique, que chaque planète a son zodiaque à elle, qu’elle en est la « maîtresse », et qu’elle seule s’y trouve « en domicile ».

Définition rationnelle du rapport astre/Signe

Pour mieux évaluer l’absurdité profonde du système des maîtrises planétaires, prenons l’exemple de Pluton en Cancer et décrivons quelques-uns des aspects de ce phénomène céleste :
- 1. La planète Pluton, dont la durée de révolution sidérale est de 247,42 ans et qui se trouve en moyenne à une distance d’environ 4276 000 km de la Terre…
- 2. … a une déclinaison comprise entre + 23° 45 nord et + 20° 16 nord (référentiel géocentrique dû à l’inclinaison de la Terre sur son orbite) lorsqu’il n’a pas de latitude écliptique…
- 3. … et à la latitude de Paris, son arc diurne (temps de présence au-dessus de l’horizon) est compris entre 15 h 57 et 15 h 17 (référentiel topocentrique, propre à la latitude du lieu d’observation terrestre).
Cette description rationnelle montre que le Signe n’est jamais qu’une fréquence géocentrique de l’astre. Le Signe n’a aucun existence en soi. Si l’on enlève Pluton et ses caractéristiques astronomiques de cette description, il ne reste plus que la déclinaison et l’arc diurne d’un objet céleste inexistant : « Un Signe sans planète est une abstraction astronomique ».
Ce rapport astre-Signe étant rationnellement établi, on peut alors, comme le dit par exemple André Barbault, penser qu’« un jeu d’interférences s’établit où la planète se trouve tonalisée par les valeurs du Signe, en même temps que le signe se trouve en quelque sorte coloré par les tendances de la planète », sachant toutefois que la planète ne va pas changer de nature en changeant de Signe : l’astrologie est planétaire avant d’être zodiacale.
Prenons un nouvel exemple : Mars en Bélier. L’astre est alors « en domicile » dans un de « ses » Signes :
- 1. La planète Mars, dont la durée de révolution sidérale est de 1 an 322 jours et qui se trouve à une distance comprise entre 55 et 400 millions de km de la Terre…
- 2. … a une déclinaison comprise entre + 0° et + 11° 48 nord s’il n’a pas de latitude écliptique…
- 3. … et à la latitude de Paris, son arc diurne est compris entre 12 h et 13 h 48.
Par quel prodige la planète Mars, qui se trouve en moyenne à des centaines de millions de kilomètres de la Terre, serait-elle le « maître » d’une section d’écliptique, le « propriétaire » d’une portion de zodiaque, bref le « gouverneur », dignifié et réjoui, d’une fraction de l’inclinaison de la Terre sur son orbite ? Vous imaginez-vous l’énormité, l’absurdité de cette affirmation ? Pour quelles raisons logiques Mars serait-il « en dignité » lorsque sa déclinaison est de 5° nord (Bélier) et « en débilité » lorsqu’elle est de 15° nord (Taureau) ?
Et que se passe-t-il lorsque Mars, sans latitude céleste, se trouve exactement à 11° 48 de déclinaison nord, c’est à dire exactement à la frontière entre Bélier et Taureau ? Est-il digne ou débile ? Débilodigne ? Dignodébile ? Domicilié ou SDF ? Et si l’AS se trouve exactement à 0° Taureau, c’est à dire à 11° 48 de déclinaison nord, le maître d’AS — lequel concourt, selon l’astrologie à maîtrises, au titre de la dominante —, est-il Mars ou Vénus ? Inutile de préciser que de tels délires réjouissent nos adversaires, les anti-astrologues rationalistes. Ils y puisent d’excellentes et légitimes raisons de penser que l’astrologie ne peut en aucun cas prétendre au statut de science.

Y a-t-il des affinités Astre/Signe ?

Certaines fréquences géocentriques des astres (certains Signes donc) favorisent-elles une mise en valeur de leurs caractéristiques intrinsèques ? Certaines autres fréquences sont-elles à même de les contrarier ? Mars est-il plus à son aise lorsqu’il se trouve à 5° de déclinaison nord (Bélier), avec un temps de présence au-dessus de l’horizon compris, pour la latitude de Paris, entre 12 h 00 et 13 h 48 ?
Si c’est bien le cas, cela signifie que la fonction marsienne a une « préférence » pour les déclinaisons nord croissantes et pour les durée diurnes presque égales mais sensiblement supérieures aux nocturnes, qui lui « correspondent » mieux que d’autres. Pourquoi pas ? Mais alors, comment se fait-il que le même Mars a une affinité, une préférence (un « domicile » dans la terminologie des maîtrises) pour le Scorpion, Signe qui se caractérise par une déclinaison sud croissante de −11° 48 à −20° 16, ce qui induit pour la latitude de Paris un arc diurne compris entre 10 h 12 et 8 h 42, ce qui signifie que les déclinaisons sud croissantes et les durées nocturnes nettement supérieures aux diurnes ont cette fois sa préférence ?
Le seul point commun astronomique entre Bélier et Scorpion est la croissance de leurs déclinaisons, caractéristique qu’ils partagent avec Taureau, Gémeaux, Balance et Sagittaire. Si l’on veut être (astro)logique, Mars devrait donc être en domicile dans tous les Signes de Printemps et d’Automne. Mais Mars a également une « préférence » pour le Capricorne, puisque c’est son Signe d’exaltation. Or un astre en Capricorne sans latitude céleste a une déclinaison sud décroissante comprise entre 23° 45 et 20° 16, ce qui correspond pour la latitude de Paris à un arc diurne compris entre 8 h 03 et 8 h 43… Mars aurait donc également une affinité avec de très courtes durées de présence au-dessus de l’horizon…
Notons au passage un autre effet absurde de la théorie des maîtrises et exaltations lorsqu’on la combine avec celle des aspects : Mars est maître du Bélier et exalté en Capricorne, Signe qui se trouve à 90° du Bélier. Ce qui signifie que lorsque Mars forme son carré décroissant (aspect réputé « maléfique ») à son domicile, il est en pleine exaltation. Ce concept d’« exaltation maléfique » n’a pas été assez creusé par ceux qui défendent les maîtrises planétaires. Par contre, le domicile Solaire (Lion) est à 120° (trigone) de son Signe d’exaltation (Bélier)… Quant à Saturne, maître du Capricorne et du Verseau, il est à la fois au carré et au trigone de son lieu d’exaltation (Balance). Faut-il pour cette raison forger le concept d’« exaltation bénéfico-maléfique » ? Et ou est la logique dans tout ça ?
Les mêmes considérations valent pour les maîtrises et exaltations des autres planètes. Il n’y a strictement aucun logique naturelle dans la distribution des domiciles, et donc pas plus dans celle des chutes et exils. Les prétendues « affinités » n’ont aucun fondement objectif. Il y a donc lieu de douter de leur existence. « Une fonction planétaire s’exprime en tant que telle dans le Signe (rythme géocentrique) où elle se trouve à un moment donné de son cycle. Il ne saurait donc y avoir aucune contradiction dans la relation astre-Signe… Une planète exprime dans n’importe quel Signe les richesses et carences propres à sa nature et à sa fonction. En soi, la présence dans un Signe plutôt que dans un autre ne saurait en aucun cas faire préjuger de ses forces et faiblesses, de ses tendances adaptées ou inadaptées ».

Bélier mous et Cancer bagarreurs

Qu’il y ait une « relation précise » entre astre et Signe est évident. Que cette relation soit d’ordre strictement hiérarchique (vertical), ce qu’implique le concept de « tutelle », ne l’est pas. Il existe pourtant d’autres types de relations possibles, basées sur l’égalité et la coopération (relations horizontales). Certes, A. Barbault, par exemple, ne néglige pas de constater que « la terminologie naïve des Anciens (Trine, Chute) choque l’esprit moderne […] mais rajeunir le vocabulaire, substituer à ces termes magiques des mots savants, moins poétiques, ne change rien à l’affaire ».
L’astro-psychologie d’André Barbault fait donc sienne la théorie de la « tutelle » de chaque astre sur un signe précis, sans la justifier autrement que par la référence, purement historique et culturelle, aux « Anciens ». Ce rapport hiérarchique astre-Signe est d’ailleurs pour lui si évident que, dans son avant-dernier ouvrage paru, dans lequel il remet par ailleurs en question les qualités Élémentaires traditionnelles des Signes, il ne songe pas à le redéfinir ou le préciser. Et c’est sans aucune explication sur les causes objectives de cette relation de « tutelle » qu’il affirme, p. 77, que « le zodiaque des éléments est le zodiaque planétaire » et qu’en conséquence, « chaque Signe est doté de l’élément de la planète rectrice ».
Dans la pratique, l’utilisation systématique des Maîtrises planétaires peut aboutir à de grossiers contresens, à de profondes erreurs d’interprétation. On peut avoir une dominante zodiacale Bélier et n’être pas marsien… et même avoir une fonction marsienne très faible et très dévalorisée. N’avez-vous jamais rencontré des Bélier mous, affligés par une fonction lunaire dominante et dissonante ? De même, une dominante Cancer n’implique pas une dominante planétaire lunaire : avec un Mars angulaire, notre Cancérien n’aura rien d’un rêveur, et vous avez certainement déjà croisé le chemin d’un Cancer réaliste et combatif qui se soucie comme d’une guigne du confort de son home, sweet home lunaire…
En guise de conclusion, un exemple, celui de Raymond Peynet, né le 16/11/1908 à 7 h 50 à Paris, Scorpion ascendant Scorpion de son état. Le créateur et dessinateur des célèbres, tendres, romantiques et mièvres « amoureux » devrait, si l’on en croit la doctrine des maîtrises planétaires, être un sombre, obsédé sexuel et agressif marso-plutonien… cherchez l’erreur !

Citation d’André Barbault tirée de son livre L’Univers astrologique des quatre Éléments :

« Le zodiaque des Éléments est le zodiaque planétaire. Chaque signe est doté de l’Élément de la planète rectrice. Ainsi, le Feu règne dans les signes marsiens du Bélier et du Scorpion, comme dans le signe solaire du Lion ; la Terre dans les signes mercuriens des Gémeaux et de la Vierge, ainsi que dans les signes saturniens du Capricorne et du Verseau ; l’Air dans les signes vénusiens du Taureau et de la Balance, ainsi que dans le signe jupitérien du Sagittaire ; et l’Eau dans le signe lunaire du Cancer et le signe neptunien des Poissons. C’est le planétarisme que nous retrouvons ici, prolongé dans une reconstitution zodiacale, et c’est lui qui doit servir de référence pour nos interprétations de type tempéramental. »
Les figures ci-contre représentent, à gauche, les Éléments traditionnels des Signes zodiaque et les Maîtrises planétaires correspondantes, et à droite les nouveaux Éléments affectés aux Signes par Barbault. On remarquera la redoutable logique et la parfaite cohérence d’André Barbault : tous les Signes sauf les Poissons (pourquoi ?) héritent de l’Élément de leur planète « Maîtresse » traditionnelle (avant la découverte des transsaturniennes). Le « Maître » traditionnel du Poissons étant Jupiter, le Poissons aurait dû être un Signe d’Air. Mais André Barbault en a décidé autrement, sans doute parce que cela le gênait qu’il n’y ait qu’un seul Signe d’Eau, le Cancer. Il a donc décidé arbitrairement d’inclure Neptune dans la Tradition et d’exclure Uranus et Pluton… tout en continuant à utiliser les Maîtrises de ces deux Planètes non-traditionnelles sur le Verseau et le Scorpion dans sa pratique. Admirez la rigueur…
Article paru dans les n° 4 & 5 du Fil d’ARIANA (octobre 1995 & avril 1996) et dans L’Astrologue (4e trimestre 1996).
Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Critique de la théorie des quatre Éléments de l’astrologie traditionnelle
- André Barbault et le conditionalisme
- Une critique inepte du conditionalisme par André Barbault
- Astrologie traditionnelle

Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.
La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.
Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.
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